Relégué derrière Teams, freiné par des bugs et une refonte ratée, Skype assiste impuissant à son propre déclin.

La fin de Skype : chronique d’une disparition annoncée
Le 5 mai 2025 marque la fin officielle de Skype, l’un des pionniers de la communication en ligne. Après deux décennies de bons et loyaux services, ce logiciel iconique tire sa révérence. Retour sur une disparition prévisible, sur fond de pandémie, d’innovations ratées et de rivalité interne avec Microsoft Teams.
Skype : un géant déchu
Né en 2003, Skype a révolutionné les appels audio et vidéo grâce à la VoIP et au chiffrement de bout en bout. L’outil, autrefois synonyme de “visioconférence”, a été un incontournable de l’ère pré-Zoom. Il permettait de passer des appels gratuits dans le monde entier, devenant une référence aussi bien pour les particuliers que les professionnels.
Mais dès septembre 2020, un signe annonciateur apparaît : lors de la conférence annuelle Microsoft Ignite, plus d’une centaine de sessions sont dédiées à Microsoft Teams, contre une seule pour Skype – consacrée à sa migration vers Teams. CNBC note alors une volonté à peine voilée de Microsoft d’en finir avec Skype.
Le tournant raté de la pandémie
L’année 2020 aurait pu être celle du renouveau pour Skype. Le télétravail explose, les besoins en communication vidéo sont colossaux, mais Skype échoue à saisir l’opportunité. Zoom s’impose rapidement comme la référence, reléguant Skype au second plan.
En avril 2020, Zoom atteint 300 millions d’utilisateurs actifs contre 40 millions pour Skype (Statista).
Bien qu’une fonction d’appel sans compte soit introduite en urgence, l’image vieillissante du logiciel, combinée à des bugs techniques persistants, finit de l’enterrer.
Teams, le fossoyeur de Skype ?
Lancé pour les entreprises, Microsoft Teams devient peu à peu le remplaçant naturel de Skype. Son intégration aux outils Office 365, sa version gratuite ouverte au grand public dès 2020 et ses fonctionnalités collaboratives en font un outil plus complet. En 2025, la transition est officiellement actée.
Microsoft justifie l’arrêt de Skype par une volonté de simplification de ses services de communication. Les utilisateurs sont désormais invités à migrer vers Teams, bien que celui-ci n’ait pas été conçu, à l’origine, pour un usage personnel.
Un échec stratégique pour Microsoft
Le rachat de Skype par Microsoft en 2011 pour 8,5 milliards de dollars reste l’un des investissements les plus critiqués de la firme. Intégré au fil des ans à Windows, Xbox Live, Office, ou encore utilisé pour remplacer Messenger et Lync, Skype n’a jamais pleinement trouvé sa place.
La transition vers le cloud, amorcée en 2013, s’avère coûteuse et chaotique. De nombreux problèmes techniques entachent la réputation du logiciel. Selon ZDNet, Microsoft a dû revoir en profondeur l’architecture P2P de Skype pour l’adapter aux nouvelles normes de sécurité et de performance.
Une refonte ratée et une ambiance désaccordée
La refonte de l’interface en 2017 est la goutte de trop. Inspirée de Snapchat, elle introduit stories et émojis… au lieu de corriger les véritables problèmes techniques. Les utilisateurs fuient en masse, entraînant une chute brutale de la note de l’application sur les app stores.
Ce mauvais alignement stratégique est symptomatique du clivage culturel entre Skype et Microsoft, comme le relatait déjà The Verge en 2012 après une visite dans les anciens bureaux suédois du service.
Skype : une icône numérique européenne
N’oublions pas que Skype est né en Estonie et constitue l’un des rares produits européens à avoir rivalisé avec les géants de la tech américaine. Malgré son sort final, son impact est indéniable : des millions d’utilisateurs ont, pendant des années, communiqué à travers le monde grâce à lui.
Conclusion
Skype, malgré sa fin annoncée, restera dans les mémoires comme un logiciel qui a marqué l’histoire de l’Internet. Si vous utilisez encore Skype, il est temps de migrer vers Microsoft Teams ou des alternatives modernes comme Zoom ou Google Meet.
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur l’histoire de Skype et ses alternatives, consultez l’article complet sur Wikipedia – Skype.